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Article 27 : juste un poeme.

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
U
ne femme passa, d'une main fastueuse
So
ulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Da
ns son oeil, ciel livide germe l'ouragan,
L
a douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
D
ont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?


Ai
lleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
C
ar j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô
toi que j'eusse aimée, à toi qui le savais !



"A une passante" Les Fleurs du mal, Baudelaire 1857
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# Posté le dimanche 29 octobre 2006 08:44

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